Comme une tranchée dans mes pensées

Encres aquarelles

J’ai en tête une réflexion de Tardi : Il n’y a pas de « héros », pas de « personnage principal » dans cette lamentable « aventure » collective qu’est la guerre. Rien qu’un gigantesque et anonyme cri d’agonie.

J’ai vécu une étrange aventure quand l’envie m’a pris de répandre, sans idée précise, des encres aquarelles sur une feuille blanche, me plongeant trois jours durant dans un drôle de combat avec des formes, des ombres et des lumières. Je devinai vite que c’était la Grande Guerre qui s’imposait à nouveau à moi, comme thème d’inspiration.

C’est dans une certaine fièvre qu’il a fallu maîtriser ce chaos de matières liquides et de couleurs. Donner corps aux forces en présence, du relief au ciel embrasé. Dans quel but ?

C’est un cortège de morts vivants qui a défilé sous mon pinceau avec un tel entêtement que j’en étais moi-même surpris. Les rares présences animales, prises dans ce maelstrom, faisant plus sentir encore la confiscation de leur liberté et l’étendue du gâchis.

Les effets de cette guerre m’ont imprégné comme ces encres ont nourri profondément le papier.

Elle est restée en moi, comme une tranchée dans mes pensées.


Vernissage le mercredi 11 novembre 2015 à 15 h, à l’église St Sauveur de Caen

en présence de M. Gérard Hurelle, Adjoint au maire, en charge des solidarités, du lien intergénérationnel, de la santé et du handicap et de M. Patrick Nicolle, délégué à la mémoire, aux anciens combattants et aux cérémonies du 70ème  anniversaire du Débarquement et de la Libération.

Lecture publique à 15 h 30 par les participants des divers ateliers d’écriture, organisés au Sillon, à la résidence du Chemin-Vert et au collège Dunois, de septembre à octobre 2015. Ces ateliers intergénérationnels s’inscrivent dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre.