Cheval de guerre

Au cœur de ces triptyques, le cheval, si vivant à l’arrière, si menacé sur le Front,
lié dans les deux cas au sort de l’homme.

Si on connaît la place prépondérante du cheval dans le quotidien des Français au début du XXème siècle, on mesure mal son rôle durant la première guerre mondiale.

Il servait principalement à tracter l’artillerie. Gazés, déchiquetés par les obus, prisonniers des barbelés, 760 000 chevaux sont morts durant les quatre années du conflit, souvent par manque de soins.

Cette exposition est l’occasion de leur rendre hommage.

Philippe Bertin a choisi de mettre au centre de ce travail les cartes postales sépia où hommes et chevaux vivaient en harmonie.

Équilibre précaire, cerné de part et d’autre par l’espace soufré du Front. Photocopies bleutées de clichés issus de l’hebdomadaire : Le Miroir.

Si le cheval est physiquement absent de ces champs de bataille, il resurgit sous la plume d’Albane Gellé, vaillant et fidèle, héros involontaire, voué à partager avec les hommes, le même enfer.

 

Cinq textes inédits de la poétesse et cavalière, Albane Gellé,
donnent aux triptyques de Philippe Bertin les allures d’une symphonie équestre.

Cheval devant, tirant charrettes, charrues chariots, calèches carrioles et diligences, fiacres et toutes les vies, toutes les morts, les poids d’une guerre, cheval devant les mains les jambes devant, dessous les artilleries, dessous les ordres, devant les bombes. Quatre jambes nues, en quelle folle et noire confiance, quels tremblements pour aller vers : combats de feux, des explosions, âmes et corps, hommes et chevaux. Cheval marchant, terre éventrée sous les sabots, absence d’herbe, cheval marchant encore droit, encolure chaude, oreilles antennes : pour la fatigue et pour l’effroi.


Vernissage le mercredi 11 novembre 2015 à 15 h, à l’église St Sauveur de Caen

en présence de M. Gérard Hurelle, Adjoint au maire, en charge des solidarités, du lien intergénérationnel, de la santé et du handicap et de M. Patrick Nicolle, délégué à la mémoire, aux anciens combattants et aux cérémonies du 70ème  anniversaire du Débarquement et de la Libération.

Lecture publique à 15 h 30 par les participants des divers ateliers d’écriture, organisés au Sillon, à la résidence du Chemin-Vert et au collège Dunois, de septembre à octobre 2015. Ces ateliers intergénérationnels s’inscrivent dans le cadre du centenaire de la Grande Guerre.